Avr 03
Saigon1

Saigon: marche et musées

Nous l’avions spoté hier, et il devenait de plus en plus insupportable avec ce sujet.
Tsé, quand tu voyages à deux, parfois il faut faire des compromis.

Ça fait qu’on est passé au McDo pour chercher un café à sa majesté ce matin.

Le grand bonheur.
Jusqu’à temps que je me prenne un Banh Mi pour déjeuner avec plein de viande dedans et qu’il réalise que son café coûtait plus cher que mon sandwich.
Il le trouvait moins bon soudainement.

Alors, direction musée de la guerre pour se faire rentrer dedans.

Un autre musée vraiment pas facile.
À travers les hélicoptères, les tanks, les bazookas et les munitions, six salles avec des photos à s’en arracher le cœur.

Les photos des différents journalistes de guerres de l’époque rassemblées pour créer une exposition couvrant les vingts ans de la guerre du Vietnam.

Il n’y a pas de mots.

La guerre, ce n’est jamais beau, ce n’est jamais propre. Ce ne sont pas juste des stratégies militaires comme dans un jeu de Risk.

C’est des millions de victimes. Surtout des victimes collatérales.
Femmes, enfants, agriculteurs, personnes âgées. Ce n’est pas seulement les militaires américains et les Viet Congs.
Ce sont plus de 3 générations qui souffrent encore de l’Agent Orange (produit chimique utilisé pour tuer la végétation).
Si le but était de décimer les forêts pour empêcher les vietnamiens de s’y cacher, la haute toxicité du produit à atteint la population locale qui n’avaient rien avoir avec la guerre.

Malformation de toute sorte, problème majeur de fertilité, problème mentaux, la liste sera longue pour les générations à venir.
Et comme si ce n’était pas assez, nous avons droit à une reconstitution de la prison de Phu Quoc, utilisée pour tirer de l’information aux Viet Congs grâce à la torture avec énumération des différentes techniques.
Mon cœur saigne.  

Si je peux manifestement dire qu’il y a tout de même de la propagande, il reste que la visite de ce musée est une claque en pleine face. Il a beau faire chaud dehors, après avoir fait le tour du musée, il y a un froid polaire qui s’installe en nous.

Pour se donner des forces, nous sommes allés dîner dans un petit resto.
Quand les chaises ont l’air de format pour enfant, tu sais que tu es dans un vrai resto vietnamien. Avec un menu écrit sur le kiosque de bouffe mais qu’on est pas capable de déchiffrer.
À date, je sais que côm, ça veut dire riz. Mais les autres mots…. oulaaaa
Et si vous vous posez la question: maiiiiis comment ils font pour commander? C’est facile, tu attends de voir une assiette passée, une qui t’inspire, une dont l’odeur te donne envie de prendre une petite croquée incognito et puis là, tu sors tes plus beaux yeux du chat dans Shrek et tu dis: This! 2 please! (en faisant le chiffre avec tes doigts)

Et là, tu t’assis presque à terre, les genoux dans la face, en sacrant que les tabourets sont beaucoup trop bas. Souvent, la serveuse t’amène un genre de thé vert froid dans un verre rempli de glace.
La technique est de un, se coller le verre dans le front pour essayer de comprendre la chaleur et de le caller ensuite pour avoir un bon brain freeze et des palettes gelées.
Et quand les assiettes arrivent, il faut observer la technique aux alentours pour voir s’il y a des recommandations spéciales.
Aujourd’hui, nous avons appris que nous pouvions arrêter de nous faire c***r avec nos baguettes et que la grosse cuillère était un excellent moyen de locomotion entre ton assiette et ta bouche.

Aujourd’hui, Maxime a aussi décidé, à la fin de son repas, de tester un tit-mini piment rouge coupé en un microscopique morceau. Il s’est auto-pas-gamé.
Sa majesté est un épais.
Moi, j’ai ri par-contre. J’avais déjà fait l’erreur dans le passé (Salut Marie-Jo!) et depuis, je prends les tits piments très au sérieux.

La bédaine pleine à craquer de soupe, de boeuf caramélisé BBQ, de riz et de tits légumes. 3$ pour les deux. C’est dont chouette l’Asie.
Et pendant que le prince continuait à avoir des petites sueurs et une envie de changer le goût dans sa bouche, nous sommes partis visiter le Palais de la réunification.

Toujours dans la thématique guerre du Vietnam, le palais a servi de résidence présidentiel jusqu’au 30 avril 1975 lorsqu’un tank à défoncer le grillage de l’enceinte mettant ainsi fin à 20 ans de conflit.
Depuis, le palais sert du musée.
Les explications des différentes pièces étaient plus que sommaires:

Voici le salon officiel où le vice-président recevait les membres des différents consultats.
Ah, chouette.
La tapisserie est les meubles sont les mêmes que sur la petite photo prise en 1974.
Le tapis a l’air si moelleux et surtout si jaune moutarde des années 60 que je me suis sentie comme dans le sous-sol de ma grand-mère.

Et bon, le style rétro est de nouveau top tendance alors je dirais que la plupart du mobilier pourraient se vendre une petite fortune aujourd’hui. Et il y a des lustres partout. Et un héliport sur le toit. Et un cinéma. Et une cuisine avec une machine à faire de la crème glacée… et un bunker.

Un bunker?!?!?
Le nombre d’étoiles dans les yeux de Max.

Pour moi, c’était des pièces remplies de vieux équipements qui empestaient sans bon sens le renfermé, avec un sévère manque de ventilation et une soudaine envie de me retrouver dehors.
Mais pour Max, c’était, oh maaaaagie,  pleins de radios émetteurs et récepteurs d’époque avec en plus, cerise sur le sundae, des tours d’antennes à l’extérieur.

On n’a pas tous les mêmes Walt Disney.
Et ce fameux bunker à réveiller en lui l’envie d’aller revisiter le Diefenbunker en Ontario. Oh my goooood; pourquoi?!

Ensuiiiiite, nous avons usé notre nouvelle pédicure pour aller voir la pagode de l’empereur de jade pour aller faire brûler des bâtons d’encens. Nous avions fait une promesse, il fallait la tenir. Petite prière envolée, nous avons pu assister à des courses non-officielle de tortues dans le bassin adjacent au temple. Elles ne sont pas ben ben vites ces tortues. Elles ont même de la mousse qui a commencé à pousser sur leur carapace.

Et nous nous sommes remis en marche pour la maison et pour une rare fois….. Je nous ai presque perdus. Mais c’est pas grave. Parce que j’ai trouvé une source de bière, c’est bien assez pour se faire pardonner.

Mais surtout parce que Maxime a pu utiliser la boussole de sa montre pour nous aider à retrouver notre chemin.

– Sa majesté le scout et Valou la perdue

Les horreurs de l'Agent Orange
Les horreurs de l'Agent Orange
J'ai faim...
Une pause
Une sieste
Notre dîner
Palais de la réunification
Le palais du kitsch
Course de tortues

4 Comments

  1. Mom
    2016-04-03 at 19 h 20 min · Répondre

    Les tortues sont brillantes, elle embarque par dessus l’autre pour ne pas se fatiguer, et elle arrive en même temps que l’autre! Va tu encore manger des ti piments fort mon homme?😡😡😡😡.

  2. Les Tibins
    2016-04-04 at 7 h 53 min · Répondre

    Merci encore les jeunes…. Profitez de la température… ici c’était -17c au réveil… et oui moins 17 un 4 avril… sic!

    Gros gros bisou

  3. Lucie
    2016-04-04 at 16 h 04 min · Répondre

    Je ne me souviens pas d’avoir entendu de l’agent orange et ceci servait à détruire la végétation. Quelle belle technologie?
    J’espère que celui qui a inventé ca, ne se vente pas….Affreux, j’ai le coeur tout chaviré. Encore des répercutions ou pas ??
    Je pense que l’on fait l’expérience une fois avec les piments après l’idée nous passe en Max ?
    Bonne route à vous..
    Bisou xxx

  4. Genevieve
    2016-04-09 at 17 h 31 min · Répondre

    My god l’agent orange …. J’ai du mettre ma main sur l’écran quand j’ai scrollé la terrible photo.
    J’ai laissé mon livre full captivant de côté pour lire vos aventures. Le choix était facile à faire.
    Bonne route 🙃😙😑

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