Avr 05
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Saigon: Les tunnels de Cu Chi

Aujourd’hui, notre journée improbable à Saigon que nous avons passé aux tunnels de Cu Chi.

Cadran à 6h, douches prises et bagages finis à 7h. (On s’améliore à chaque changement de ville!)

Nous commençons notre marche vers notre point de rencontre avec le groupe de touristes que nous serons.
Mais avant, super important, Max se commande un dernier Banh Mi Kebab dont j’aurais l’honneur d’avoir une seule bouchée sinon il va être fâché.
C’est vrai qu’ils sont bons les sandwichs, mais de la sauce épicée à 8h, meeeeh. Une bouchée, c’est parfois de trop.

Presque 2 heures de route dans les bouchons de circulation avec un petit arrêt pour voir une fabrique de laque et avoir la possibilité de s’acheter des petits pots ou des sous-verres à des prix ridiculement trop élévés. 50$ pour 4 bouts de plastiques d’une beauté discutables, je trouverai sans doute des souvenirs plus représentatif de notre périple.

Et en prime, l’autobus a oublié de repartir après notre petit arrêt.
Petit oubli tout bête comme ça.
Il a fallu le pousser. Vers l’arrière en premier, pour pouvoir avoir de l’espace pour se donner un élan. Et puis par avant, pour le partir sur la compression me chuchote-t-on à l’oreille. Le problème quand tu es chauffeur, c’est que tu ne peux pas à la fois pousser et conduire. Les touristes ont dû y mettre du leur. Magnifique travail d’équipe, je donne un 8.5 pour le style et l’énergie.

Les tunnels de Cu Chi

Sérieusement, je le disais que la guerre, c’était jamais beau et jamais propre.
Mais pour vrai, je peux comprendre que les soldats américains tiraient sur tout et tout le monde. Les seules vraies armes que les VietCong avaient, étaient de foutre la chienne à tous les soldats ennemis, et la tenacité de leurs troupes. Et dans ces deux catégories, ils étaient passés maîtres.

Si les Vietnamiens ont réussi à tenir tête aux bombes des américains, c’est grâce à l’ingéniosité de leurs tunnels. Quand tu as des fourches et des fusils qui datent de 20 ans pour te défendre versus une armée qui débarquent avec ses tanks, tu sais que tu ne peux pas les attaquer de face. Il faut se cacher. Très bien se cacher.

Nous avons vu une personne disparaître dans la jungle en 12 secondes dans un tunnel où, je suis pas mal sûre, ma devanture m’aurait empêcher d’y glisser. Quand tu ne peux pas entrer dans le tunnel si tu ne lève pas tes bras au-dessus de la tête, c’est que c’est étroit. Et oh, tout noir aussi.
La moitié des bombes larguées par les américains l’ont été dans le but de détruire ce très vaste réseaux d’environ 250km qui permettait au VietCong de survivre et de répliquer.

Datant de la guerre d’Indochine contre les français, le réseau à pris de tranquillement de l’expansion pendant les 20 ans de la Guerre du Vietnam.

Chaque nuit, un paysan s’affairait à creuser le sol dur comme de la pierre pendant qu’un deuxième remontait la terre et finalement un troisième (souvent une femme) allait disposé des résidus dans les cours d’eau.
Et au petit matin, tout était recouvert de sorte que l’ennemi ne pouvait voir l’avancement des travaux.
Et ces tunnels, l’horreur pour vrai.
Je ne peux pas croire que des gens ont pu y vivre.
C’est petit. C’est minuscule. Il y fait un noir total et l’air y est rare. Claustrophobe s’abstenir.

Et à cette époque, ne tentez pas de trouver une carte des tunnels. Ca n’existe pas. Une femme par camp de base connaissait le plan par-coeur et tout combattant VietCong devait la trouver pour connaître les tunnels de la région. Parce qu’ils étaient en mouvement tout le temps. Tire et fou le camp. C’était vraiment leur technique.

Et si cette combattante se faisait capturer et tuer, la carte disparaissait avec elle. Meilleur moyen pour garder un secret….secret.

Tout le monde dans le village était mis à contribution, car ils avaient tous déjà perdu un être cher et voulaient se venger.
Celles qui le pouvaient, cousaient des habits pour les combattants: noir et vert pour pouvoir être invisible la nuit.
Et d’autres fabriquaient des sandales avec les pneus que les américains abandonnaient dans la nature.
Et d’autres, travaillaient pour faire des armes à partir des bombes qui n’explosaient pas à l’impact. La poudre servait pour faire des balles et des mines et le restant de la bombe, elle, permettaient de créer des pics de métal afutés empoisonnés pour remplir différents type de trappes camouflées dans le sol.
Tu ne meurs pas quand tu te fait transpercer le pied par une tige de métal mais tu vas mourir plus tard soit au bout de ton sang, soit par le poison. Et le temps que tu restes en vie, c’est juste assez long pour que ton coéquipier soit traumatisé à tout jamais de la jungle.

Et après avoir appris le fonctionnement des pièges, des trappes d’aérations, des différents niveaux pour empêcher les innondations (certains tunnels avaient même une entrée sous-marine!) et que nous avons été bien renseigné sur tous les dangers que les soldats américains risquaient lorsqu’ils essaient de suivre les VietCongs sous terre…

Là..

Ce fût le parfait moment pour y aller nous même.
Ha ha ha.

100 mètre sous terre.

Il y a rien là.
Et si on sent la crise de panique s’emparer de nous, au piiiiire, il y a une sortie tous les 10 mètres.
Et ils ont même mis des lumières.

Pffffff
A walk in the park.

Oh boy.
Je filmais. Du moins, j’ai essayé.
Parce que…..

Je ne faisais que me concentrer sur ma respiration, l’eau qui me pissait dans la face et l’espoir que revoir la lumière du soleil un jour.

Et je n’étais même pas en situation de combat là. Pas de piège ni d’ennemi qui m’attend dans le détour avec un gun. Il y avait  une seule personne à un embranchement et c’était pour nous encourager…maudite chance. Si je me battais pour ma vie, je n’aurais pas été une menace.

La première section allait bien. Je marchais bien pencher à 90 degrés et avec les genoux fléchis je pouvais avancer rapidement tout de même.
Et puis, je suis passé à un étage plus bas.
Moins d’air, il fait plus chaud et peut-être que c’est juste dans ma tête mais il me semble que le plafond était légèrement plus bas. Ou c’est peut-être juste mes genoux qui me lâchaient. Mais j’avance. 10 mètres. Petit pas, par petit pas.

J’ai continuée.

Et puis là, coup de grâce, il faut glisser (oui oui, une glissade) encore un peu plus bas et dans le noir. Et quand j’ai voulu me relever pour passer de assise à petit bonhomme, mes cheveux ont pognés dans le plafond et je suis retombée sur mes fesses.
Et là, j’ai paniqué.
Je suis pas capable de me relever. Si je veux avancer, je vais devoir faire le pont et avancer de même.
Panique à bord.
Et j’entends quelqu’un vomir. Et je sais pas si c’est avant ou après moi.
Inspiiiiiiiire, expiiiiiire, inspiiiiiiire, expiiiiiiiiiiiiire.
Faut pas trop paniquer.
Même si je sens que ça shake dans mes entrailles, faut que je puise dans cette panique pour me déprendre de là.

Tu as le droit d’avoir peur, mais tu n’as pas le droit d’arrêter.

Alors, je travaille sur moi-même, me donne un peu de jeu en remontant dans la glissoire et réussit à me mettre sur mes pieds.

À partir de là, j’aurais couru pour ma vie.
Sauf que le mautadine de tunnel a encore rapetissé. Avez-vous déjà vu un pingouins courir? Baaaaaah, j’avais l’air de ça.
C’est long 10 mètres quand tu as les genoux dans le front, que tu vois rien et que tu essaies d’éviter un peut-être vomi!

Mais je l’ai fait!

J’étais donc contente d’arriver.

Quand le tunnel a grossi et que les rayons du jour ont commencé à éclairer mes pas… le soulagement total!

 

Et moi, j’avais juste fait 100 mètres en territoire non-hostile.
Je suis sortie de là toute mouillée, essouflée et l’adrénaline dans le tapis.
Et le pire, c’est que le passage a été élargi pour les touristes qui n’ont pas une shape d’asiatique en famine.

Normalement, c’était plus étroit que ça encore.

Pour vrai, pauvres soldats américains.

 

Max lui, est toujours chargé comme une mûle. Si moi, je me promène avec les maps et l’argent, lui, il transporte toujours les trucs lourds like a gentleman.

C’est équipé de notre sac à dos, notre grosse bouteille d’eau de 1,5L et son gros kodak en bandoulière qu’il s’est aventuré dans les tunnels.

Dans la première section, tout va bien encore. C’est marrant encore un peu alors le monde en profite pour prendre des selfies. C’est long. Il y a pas d’air et le sac à dos reste pogné partout. Ça marche pas peeeeeentoute. Au lieu de pogner les nerfs ou de rester pris à quelque part et de paniquer, Max a décidé de sortir après une trentaine de mètres.

Il m’attend à la sortie avec tout notre attirail.
Et là, il attend.

Et attend.

Et je ne sors toujours pas.

Val est-elle pognée dans le tunnel?

Est-ce qu’elle est sortie à une autre place?

Tout le monde est sorti et Val n’est pas là. Et le groupe s’en va ailleurs.
Et pas de Val. Ça fait un bout là qu’elle est en-dessous.
Max est sur le bord de paniquer pour vrai là.
Jusqu’à temps qu’un autre groupe sorte ENFIN du tunnel.

(Promis, c’est pas moi qui à causé le bouchon!)

Au final, nous aurons manqué de paniquer tous les deux à cause des tunnels de Cu Chi.

Et comme pour rester encore dans notre petite zone de manque d’air, l’air climatisé du bus aura décidé de nous lâcher pour le chemin du retour.

Rester pogner dans le chaud et le manque d’oxygène, pas trop souvent s’il vout plait.

Tunnels de Cu Chi, vous nous en aurez fait voir de toutes les couleurs.

 

-Max qui voulait sa flashlight et Val la taupe qui a peur du noir.
P.S.. Désolé pour le manque de photos, mais l’histoire des tunnels de Cu Chi ne se représente pas bien en images, mais elle se raconte. Tout se passe sous terre et, à la surface, nous ne voyons que quelques trappes bien camouflées, sans plus.

Travail d'équipe
Entrée camouflée
Une autre entrée
Une autre entrée
Trappe de ventilation
Reproduction d'un piège

4 Comments

  1. Maman de Chambly
    2016-04-05 at 12 h 06 min · Répondre

    J’ai paniqué pour vous 2 juste à lire votre histoire. Franchement!

    Bye bye

  2. Les tibains
    2016-04-05 at 18 h 13 min · Répondre

    Hitchcock n’a qu’à se réhabiller, comme intrigue et mystère, c’est dur à battre.
    Bravo pour la description.

  3. Paul et Lise
    2016-04-05 at 19 h 14 min · Répondre

    Vous devriez renommer votre blog
    24 heures chrono
    Avec Max et Val

    Tu as très bien décrie les tunnels ,bravo

  4. Mom
    2016-04-05 at 19 h 19 min · Répondre

    J’ai la chaire de poule,juste à imaginer, 😨, d’être là dedans!

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