Avr 25

Mama et le Bouddha blanc

Aujourd’hui, nous avons décidé de prendre ça plutôt relaxe. Peut-être que se lever trop tôt, le décalage horaire et la chaleur pèse sur tout le monde.

Ou bien, c’est que la perspective de faire de la piscine ne demande pas une organisation incroyable ce qui nous donnait un petit peu de répit.

Quoiqu’il en soit.

Nous sommes partis de bon matin avec la ferme intention de manger de la soupe au même charmant petit resto très familial tout près de chez nous.

La veille, on y avait mangé des soupes pimpées d’oeuf et de porc frit ainsi qu’un excellent curry rouge sécuritaire pour Marie. C’était bon, la place était mignonne dans le genre casse-croûte où toute la famille vie et travaille et en prime, les prix avaient bien bien de l’allure.

La déception lorsque nous nous sommes heurtés à la porte fermée.
Mais c’était pas trop grave, j’avais vu une pancarte qui annonçait Mama’s kitchen juste à côté du marché.

Juste le chemin pour se rendre là nous assurait un excellent déjeuner.

Tout d’abord, comme je l’ai dit, nous était sur les pourtours du marché: aliment frais.

Deuxièmement, nous étions hors du centre: menu plus authentique

Troisièmement, c’est une grand-maman qui fait à manger: des recettes incroyables.
Tsé, une grand-maman italienne qui te fait une sauce à spaghetti, tu sais que c’est synonyme de qualité.

Et bien, une grand-maman maman thaï, elle modifie ta vision d’un bon curry pour le restant de ta vie.

Son curry vert était juste assez épicé pour que ça chatouille un peu les papilles sans tout fois, mettre le feu à tes babines. Un gentil feu. Un petit volcan qui fait juste de la boucane. Tu te retiens de ne pas licher le bol lorsque tu as finis de transvider ton riz dedans. Et en plus, Mama était tellement mignonne! Une petite thaï miniature avec un sourire qui fait disparaître ses yeux, jai failli la mettre dans mon pack sac et la ramener à la maison.

Et quand on est parti, elle nous a dit qu’elle donnait aussi des cours de cuisine.

On s’est tous regardé….

C’est qu’on avait l’intention d’aller voir le gros Bouddha blanc dans la montagne visible de partout depuis la ville.
Et vu qu’il se trouvait en haut de 390 marches selon le Lonely Planet et que notre autobus était prévu à 16h30, on était pas sûr qu’on aurait le temps.

«We can do in 2 hours».
On considère ça et on va voir notre bouddha.

Et on sortant, Marie-Dulcinée qui me dit: «Tsé, un cours de cuisine, ça me tentait pas tant que ça. Mais avec elle, messemble que ça serait l’fun.»

Nous avons donc pris le taxi pour aller voir le Bouddha blanc.

Nous aurions clairement pu le marcher depuis notre hôtel.
Ben, c’était marchable, mais c’était un projet. Du genre, amène ton sac d’hydratation, 2-3 barres tendres, tes souliers les plus confortables et des diachylons pour les ampoules.

Et ta détermination. Au complet.

Et vu que nous autres, le réservoir était pratiquement vide, juste assez pour la montée des marches, on a fait notre royauté et nous sommes allés en taxi.

Et les 390 marches, finalement, on a sauté un pallier de marche vu qu’on était en voiture.
Il n’en restait que 295 (selon la firme Bouthillier-Dumais, ils sont arrivés au même chiffre nos deux ingénieurs!).

Bébé-fafa.

Ça nous a pris en bas de 10 minutes. Et la-dessus, on a pris le temps de prendre des photos.

Et nous avons bien regardé notre Bouddha.
Il est gros. Très gros. Et en réparation.
Il est en train de se faire faire un petit traitement au Botox. Toutes les grosses craques dans le plâtre sont en train d’être enlevées.
Du coup, ça va être bien plus tard, mais en attendant…….

C’est un peu moche.

C’est alors que, assis dans les marches en observant Paï dans son ensemble avec un excellent coke contenant le restant de notre whisky Laotien et qu’avec l’équivalent d’humidité d’une douche mais en sueur qui nous coulait dans le dos, nous avons pris la décision d’aller faire le cours de cuisine.

On avait même pas fini de digérer le premier curry qu’on en revoulait.

Nous avons pris notre calèche des gens de la haute et nous nous sommes fait déposer à notre hôtel pour se rincer un peu la face.

Et puis, direction Mamaaaaa.

C’était mon 3e cours de cuisine.
Et dès le départ, j’ai su que ça n’allait pas être comme les autres.

Tout d’abord, nous avons payé pour le cours et ensuite, il fallait acheter les ingrédients.

Normalement, dans un cours de cuisine, on se fait amener au marché pour que tu vois à ce que ça ressemble. Et puis ensuite, tu vas à l’école où tout le monde à sa petite station de travail.

Et bien nous, Mama nous a pointé la direction de rue où nous rendre et nous a dit de ramener des poitrines de poulet. 1 kilo: 80 bahts.

Euhhhhhh, okay. Alors nous sommes allés FAIRE LES VRAIES COMMISSIONS. D’habitude, c’est juste pour faire à semblant mais là, c’est du vrai de vrai et je suis vraiment excitée de mimer une poitrine de poulet parce qu’au début, on a failli avoir des ailes…..Bref, on est énervé comme des puces.

Et après, c’était le lait de coco dans un autre kiosque et même des oeufs pour les pad thaïs.
Pendant ce temps, elle est partie en scooter chercher les pâtes.

Elle a décidé qu’on allait utilité les légumes qu’elle avait déjà couper pour faire ses recettes, comme ça, on allait gagner du temps.

Nous autres, on riait déjà et on a su tout de suite que ça allait être le meilleur cour de cuisine au monde. Pas de vrai unité de mesure, pas de temps de cuisson.

Quand elle dit: Cut cut, tu coupes le poulet en mince tranche.

Et quand elle mime de mélanger, et bien tu mélanges.
Et quand tu fais la vaisselle……ah ouais, on vous pas dit encore.

Notre petite mamie nous a bien prouvé que ce n’est pas une immense cuisine avec pleins de gadgets qui font les bonnes recettes.
Dans sa cuisine qui sert pour le restaurant et pour sa maison en même temps (parce qu’ils faisaient dodo dans une petite salle derrière un rideau), il n’y a que deux ronds de poêle au gaz, deux chaudrons cabossés et deux poêles. Elle avait une bonne quantité de petits bols par-contre. On le sait, parce qu’il a fallu faire la séparation des légumes et du poulet pour chacune de nos recettes.

Nous avons tous fait un curry vert, jaune et rouge, ainsi qu’une soupe Tom Yum ET UN PAD THAÏ.

Donc 5 recettes, multiplié par 4 participants= de quoi fourni un party de curry pour une armée.

On aurait pu partir un party BYOR: Bring Your Own Rice.

Et tout ça, dans une toute petite cuisine avec une batterie de cuisine qui avait fait la guerre et qui n’était pas trop sûre de qui avait gagner.

Et lorsque les currys avaient assez mijotés, elle nous faisait transvider le liquide bouillant dans une sac en plastique.

On s’est tous dit que les sacs allaient fondre.

Et ben non.

C’était du plastique digne d’envoyer des satellites dans l’espace parce que la réaction à la chaleur était fascinante. En plus de ne pas fondre, les sacs sont devenus résistants aux pointes de couteau et ils ont permis de garder la chaleur tellement longtemps que les considérait comme des bouillotte pendant le transport en autobus un peu trop démonstratif de son air climatisé.

Ils donnent peut-être le cancer par-contre.

Bref, si jamais vous passer par Paï et que vous voulez manger un vrai bon curry, allez donc chez Mama.

Et si vous avez le temps, apprenez à cuisiner comme une vraie. C’était peut-être pas la classe la plus jet-set, mais c’était clairement la plus authentique et sincère.

Les quatre assistants chefs de Mama!

Quelqu'un veut un curryyyyyyy?

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