Avr 24
_DSC2567 - Hanoi

Hanoï : Finale

Désolée pour le retard d’écriture.
J’aurais voulu rester à jour et raconter nos récits au fur et à mesure, mais j’avais le coeur trop gros.
Si j’ai profité de chaque jour, que je me suis concentrée dans le moment présent, que je n’ai pas pensé à la suite du voyage pour mieux apprécier chaque minute, les derniers jours à Hanoï ce sont évaporés.
Je me rappelle encore nos premiers jours à Phonm Penh où les journées étaient vraiment beaucoup chargées parce que le temps passait étrangement tranquillement.

Et bien, les dernières, ce fût totalement le contraire.
On voulait juste aller prendre un café sur une terrasse et déjà, il était 14h.

Nous nous sommes fait voler du temps. J’en suis convaincue.
À part la fois du Nicaragua où j’avais la bouche remplie d’ulcère et que Max avait été tester le système de santé local, je n’ai jamais envie de retourner à la maison à la fin de mon voyage. J’aime l’aventure, j’aime essayer de me repérer dans de nouvelles villes, j’aime essayer les mets locaux, j’aime marcher dans les rues pendant des heures.

Faire son lavage, l’épicerie et la vaisselle, ça me tentait plus du tout.
Même cuisiner. Moi qui passe tant de temps dans ma cuisine, j’aurais généreusement troquée mon tablier pour un billet d’avion vers une nouvelle destination.
Mais bon.
Il faut revenir un moment donné.
Je m’ennuyais tout de même de ma famille, de mes amis, de mon chat et de ma brosse à dents électrique. Et j’avais presque plus de produits à cheveux. Et ça, pour vrai, ça aurait l’enfer pour moi. Prise à l’autre bout du monde sans revitalisant vraiment vraiment gras,
j’aurais fini avec des dreads. Fallait revenir.

Et si on revient, c’est pour mieux repartir. J’essaie de me convaincre fort fort.
Bon. Je sèche mes larmes de nostalgie, je me fais couler un café qui goûte la maison et je vous raconte ce qu’on a fait en riant toute seule.
Ouep, nos derniers jours à Hanoï auront été mémorables.

Hanoï : Jour 3

Nous nous sommes levés poqués.
Mon petit café de la veille dont je ne devais que prendre une gorgée m’a tenu réveillée une bonne partie de la nuit. Bravo championne!
Et Max, c’est son bedon pleins de fruits de mer qui n’était pas trop sûr qui l’a empêché de dormir.
Bref, nous étions un charmant duo de zombie. On s’exprimait par monosyllable, on ne marchait pas ben ben vite et suivre un plan était impossible.
Efficacité: -2.

Nous avons tout de même réussi à sortir dehors avec l’intention d’aller prendre un thé au gingembre pour aider la bédaine à Maxime et ensuite, aller visiter le quartier français.
Nous nous sommes donc sorti, sans regarder la température, et nous avons commencé notre périple aux confins de la ville.
Vous le savez peut-être pas, mais voyager en mode sac à dos, il faut faire des choix. Maximum 3 paires de souliers (gougounes comprises) et le minimum de stock. Révélation, j’ai même porté le même déo que Max pour en avoir un de moins à transporter. J’ai eu le droit de choisir l’odeur, j’ai donc senti l’homme propre pendant 1 mois.

Tout ça pour dire que nous avons décidé d’emporter nos imperméables. Nous les avons traîner dans nos sacs de compression presque sans arrêt et nous les avions utiliser qu’une seule fois, soit lors du déluge à notre arrivée à Hanoï. Pour que ça vaille la peine de les avoir traîner sans arrêt, ça aurait été chouette de s’en servir au moins deux fois.

Mais comme nous sommes un peu épais lorsqu’on ne dort pas assez, on a oublié de vérifier la météo.
Si nous l’avions fait, nous aurions su qu’il fallait les transférer dans notre sac de jour parce qu’il annonçait de la pluie tout l’avant-midi.
Mais nous, on est pas comme ça. Je sais pas pourquoi, mais si c’est pas sportif ou digne de Rocky, on embarque pas dans le projet.
Breeeeeef.
Nous avons commencé à marcher lorsqu’on s’est fait pogner par la pluie. Évidemment, nous étions rendu loin de l’hôtel quand les chaudières d’eau ont commencé à nous tomber sur la tête.
La journée promet.

De la marde quartier français, ça ira à une autre fois.
Nous sommes donc arrêter dans un café pour essayer de sécher et trouver une activité à faire à l’intérieur.
Surprise, il y a un gros marché intérieur pas trop loin et vu qu’on a pas trop fait notre magasinage de bébelle à ramener, ben, la température nous oblige à faire du shopping.

Et boy.

Nous sommes arrivés aux marchés, nous avons fait le tour pour bien voir les choix qui s’offraient à nous.
Une rangée de magasins de sandales, une autre de souliers, une de bébelles électroniques, une de barrettes à cheveux, une de trucs de cuisines, une de tissus multicolores, une autre de vêtements de femme de taille asiatique (aucune chance que ça me fasse!) et pleins de boutiques qui vendent une impressionnante variétés de gugusse.
Et pour se promener dans le marché, il faut marcher sur le côté parce que c’est trop jam pack de monde et de fourniture. Et tout se vend en grande quantité. Moi, je veux juste 10 baguettes en bambou, j’en veux pas une caisse.

Bref, on finit quand même par acheter les trucs qui nous manquaient en se grouillant le plus possible parce qu’on voulait juste retourner dehors malgré la pluie.
Alors qu’on s’avançait vers la sortie, une madame nous a arrêté pour nous vendre des imperméables.
Nice.
On va rester au sec.
Tsé le modèle d’imperméable fait un sac de poubelle, le nôtre était bleu avec en prime un capuchon avec cordon (fait en sac de poubelle eux aussi!) qui aurait pu nous permettre d’ajuster l’ouverture de notre capuchon.
Mais fort heureusement pour nous, la dimension de capuchon nous permettait à peine d’y glisser notre tête.
Est-ce que nous avions l’air de tits counes?
Évidement. Mais des tits counes au sec! Jamais eu l’air aussi épaisse, mais grâce à mon sac poubelle, j’étais invincible! Mouhahaha! Viens t’en la pluie, j’ai même pas peur.
Jusqu’à temps que j’aperçoive un beau trou sur mon épaule. Damn it! Je vais être mouillée ET ridicule.
Vu que nos pieds étaient déjà en train de ratatiner grâce aux piscines qui nous servaient de souliers, nous avons décidé d’aller nous faire faire notre fameuse pédicure avec râpage de peau morte.

Il y avait même un massage de pieds d’inclus. Max s’est endormi pendant le sien. Pas de rotage, pas de tirage de peau, il a enfin pu relaxer.

Le soleil a même décidé de sortir à la fin de notre soin d’orteil. Nous avons donc pu flâner dans les rues, pieds terriblement doux et sacs à dos plein de souvenir.

Nous pouvons donc vous dire que oui, le quartier français de Hanoï a bel et bien un petit vibe français et peut-être même un peu New Yorkais.

Hanoï: jour 4

Je voulais en faire un absolument depuis le début et c’était maintenant le temps de le faire: un cours de cuisine!

Enfin!
Et vu qu’on avait beaucoup dormi, Max était vraiment en forme.
Tellement en forme qu’il a décidé de se raser la barbe avec le rasoir offert par l’hôtel.
Un charmant rasoir composé d’une lame et demie accompagné d’un minuscule tube de mousse à raser.
Max s’est dit, je vais juste me faire la moustache, comme ça, si je ne peux faire qu’une petite portion, j’aurai pas l’air trop cave avec une moitié de face faite.
C’est donc fier de son look qu’il est venu me réveiller.
Abraham Lincoln, sort de ce corps.
Il se trouvait tout à fait hilarant. Si adorable avec juste sa barbe et une moustache pas super bien rasé.
Un beau look de vainqueur. Il se promenait la tête bien haute parce qu’il savait que ça me faisait rire.
Et puis, nous sommes arrivés à notre cours de cuisine dans un des meilleurs restaurants de Hanoï. Le Madam Yen. Bien chic quand même.
Cours privé pour nous deux avec le 5e meilleur cook du Vietnam. Pour vrai là.
Tsé, quand j’apprends à faire des rouleaux et que je massacre le tout allégrement, il faut toujours que je le fasse devant les grands de ce monde.
Moi, j’aime ça avoir l’air d’une cruche devant les célébrités. Aussi non, c’est pas aussi l’fun.

Malgré notre absence de dextérité, nous étions traité aux petits oignons. Nous avons même eu droit au look professionnel: un beau tablier et un chapeau de cuisinier. Surprise, le mien ne rentrait pas sur ma tête.

Mais sur la tête de Max, bonjour le nouveau look. Un fois mis sur sa tête, le tit casque blanc a transformé sa pilosité faciale.
Maxime n’avait plus l’air de Abraham Lincoln, il était devenu musulman.
J’ai eu un cours de cuisine avec Mohammed.
Et le pire, c’est que nous avions un photographe pour immortaliser ce look à tout jamais.
Un cours privé avec un grand chef cuisinier tellement gentil qui nous livre tous les secrets de sa cuisine et qui nous enseigne à cuisiner le meilleur poisson que j’ai mangé de toute ma vie et des rouleaux de printemps plus que sur la coche (le truc, c’est de mettre plein de fines herbes et des arachides!), et comment faire des fleurs avec une tomate et comment décorer et présenter nos assiettes, le tout dans un environnement plus que magnifique accompagné d’une coupe de vin blanc de qualité et du look de terroriste de Max.

Il y a des petits moments que l’on oublie jamais. Ce fou-rire en est un.

 

Bref, si jamais vous allez à Hanoï un jour, je vous conseille ce resto. Bien qu’il soit beaucoup plus dispendieux que les autres restos, il reste tout de même abordable. Je pense qu’une table d’hôte à la Cage aux sports coûte le même prix.
Pas du tout la même expérience culinaire par-contre.
Je ne peux pas, hors de tout doute, affirmer que le repas sera aussi excellent vu que ce ne sera pas Max et moi qui l’auront concocté et que l’extra-dose d’amour et d’explosif n’aura pas été ajoutée, mais j’ai confiance que le repas sera plus fantastique tout de même.
Max n’aura pas gardé son look bien bien longtemps. Première chose qu’il a voulu faire en sortant du restaurant, c’est de trouver un salon de coiffure pour se faire raser le tout.
Mais les photos, elles, seront toujours là.
Une chance.

Hanoï : Jour 5

Nous voulions sortir de la ville un tantinet.

Au début, nous voulions aller à Maï Chau voir d’autre rizière et respirer de l’air pur.
Sauf que, après analyse, faire presque 8h de bus pour pouvoir pédaler 3h à travers les champs, on s’est dit que ça valait peut-être pas la peine. Surtout quand tu dois prendre l’avion le lendemain.

Nous avons choisi une activité plus à proximité: Bat Trang, le village de potier.

Nous avons donc pris l’autobus local pendant environ 45 minutes pour aller dans ce petit village spécialisé dans la poterie de toute sorte.

Vase, théière, set de vaisselle, bibelot de tous les animaux de la planète, tout s’y retrouve et à prix dérisoire. La combinaison idéale pour remplir nos valises et faire exploser le poids de nos bagages.
Et évidement, vu qu’on est en Asie, le tout est empilé un peu partout de sorte que juste me promener pour explorer égale presque automatiquement que je vais m’enfarger dans quelque chose et accrocher une pile d’assiette.
Je n’ai jamais magasiné aussi stressée de toute ma vie.
Mais, miracle, j’ai réussi, à ne faisant aucun mouvement brusque, en me traînant les pieds à terre et en ne prenant même pas la chance de me retourner sur moi-même.

La gaffeuse professionnelle a réussi à ne rien briser. Grosse victoire ici!

Une autre raison d’aller à ce village, c’est la possibilité d’essayer de faire soi-même une poterie. J’ai vu mon Fantôme d’amour quelques fois et un épisode de Community avec un cours de poterie ce qui me donne amplement les connaissance nécessaire pour flabbergaster le village avec mes oeuvres d’art.

C’est avec tout notre talent artistique que nous pris place sur les tits mautadines de banc et que nous avons eu les instructions pour notre mission.

La responsable du camp des artistes a littéralement garnoté un morceau d’argile sur nos plaques tournantes, donné une swing, trempé ses doigts dans l’eau et nous a montré les différents types de sculptures que nous pouvions faire.
En 35 secondes top chrono, elle a fait un vase, puis un bol et finalement une assiette. Toute avec la même swing de table tournante.
Nous savons bien que nous ne serons pas aussi efficace qu’elle mais on s’entend que 5 minutes, notre oeuvre est en train de séché et on boit une bière les pieds sur la table. No stress.

HA HA HA.
Après 30 minutes, nous avions de l’argile jusque dans le front, les bras morts à force de swinguer ma table et un amas informe comme sculpture. C’était pas gagné disons.
Nous devions faire pitié car la madame est venu nous donner un léger coup de main. Et par léger, je veux dire qu’elle a placé nos mains pour qu’on réussisse à créer quelque chose et nous a pointé le bol d’eau quand il fallait humidifier le tout. Mais Hey! C’est NOUS qui l’avons fait.

Le temps que nos oeuvres sèchent, nous sommes allés faire un peu de shopping.
Et en faisant le tour du marché, nous avons réalisé que les différents marchants vendaient toujours plus ou moins les mêmes produits. En fait, exactement les mêmes choses. Tellement, que c’est à se demander si ce n’était pas fait dans une usine quelque part en Chine.
C’était la théorie de Max en fait. Parce que les mêmes bols à soupe bleu et blanc identiques, soit il faut une précision extraordinaire, soit c’est une machine qui le fait.

C’est en déambulant dans les rues à la recherche d’un endroit où dîner, que nous avons fini par entrer dans une des nombreuses “usines” de poterie.
La théorie de Max n’était pas fondée.
Oui c’est fait à la chaîne, mais non, ce n’est clairement pas une machine qui fabrique le tout.
Ce sont juste des gens avec beaucoup trop de dextérité, de patience et de talent.
Pour vrai, c’est impressionnant.
Nous avons pu voir quelques étapes de la fabrication, en commençant par le démoulage. La technique exacte pour remplir les moules, ça,  mystère et boule de gomme. Si je me fie à mes nombreuses années à jouer avec de la plasticine, j’imagine que ça doit ressembler à de l’écrapoutissage entre les deux moules. Une fois que l’argile dans le moule est bien sec, vient l’étape du démoulage. Et ça, on l’a vu!
Tranquillement et attentivement, un monsieur manipulait les différents moules pour déloger les cuillères qui s’y trouvaient.

Ensuite, une madame prenait chaque cuillère une par une et lissait la surface.
Ennnnnsuiiiiite, nous n’avons pas vu ce qui se passait exactement avec les cuillères parce que c’est les bols qui étaient en production cette journée là.

Bref, un monsieur mettait un bol sur une plaque tournante, et avec une la précision d’un chirurgien, fait une belle ligne droite et mince tout le long du bol. Pas croche du tout, même épaisseur et exactement pareil comme son modèle.

Et une fois les lignes faites, ce sont 2 dames qui peinturaient, à mains levées,  les motifs de fleurs dans le fond du bol. ET ELLES SONT PAREILLES D’UN BOL À L’AUTRE!

Moi, je capotais. Je ne suis même pas capable de signer mon nom deux fois de la même manière et les deux dames se font aller le pinceau dans un angle ridicule et dans une harmonie parfaite. Elles ont même le temps de jaser.

Fascinant.
La dernière étape de la chaîne était d’identifier chaque pièce avec le saux de la ville. Je pense que c’est la seule étape que j’aurais été capable de faire: mettre un collant en dessous des assiettes.

Et le pire, j’ai fait arts plastiques au secondaire!

Et une fois les bols terminés, c’était envoyé dans un four tellement gros que tu dois MARCHER à l’intérieur.
J’ai vraiment été impressionnée par le talent des gens qui travaillent dans ses usines.
Tellement impressionnée, que j’ai acheté deux bols à soupe gigantesques, un set de théière et deux grosses tasses à café, le tout, avec aucune idée comment nous allions réussir à rentrer le tout dans nos bagages sans rien briser. Et en prime, ça pèse 2 tonnes.

Mais c’est teeeeeeeellement beau!

Quand Max m’a dit de me calmer le pompom avec tous mes achats (parce que tsé, c’est quand même lui qui traînait le sac bien rempli), nous sommes allés peindre nos oeuvres.

Je sais pas si c’est parce que nous avions vu des pros à l’oeuvre un peu plus tôt ou bien parce que nous n’avions pas réalisé que nos talents étaient relativement limités mais nous nous sommes embarqués dans un projet tout à fait fou.
Max et moi voulions peindre l’intérieur de nos vases rouge et l’extérieur noir.
Yes, on est wild comme ça.

Finalement, Max a décidé que tout noir avec une bordure rouge, ça serait vraiment plus beau. Beaucoup de sacrage plus tard, il a “réussi”.

Pour ma part, j’ai réussi à scraper mon rouge et j’ai essayé de rattraper le tout en gravant un coeurs et en faisant des petits motifs un peu partout.
Je vais être honnête, mon prof d’arts plastiques ne m’aurait pas donné un A.

Mais hey, nous avons eu bien du plaisir.
Et je ne sais pas si c’est le fait qu’on aille mi une belle laque brillante dessus mais il me semble que c’est presque beau.

Du moins, assez pour qu’on les ramène.
L’exposition est prévue pour la fin de l’automne. Vous êtes invités en grand nombre pour le vernissage. Ou pas.
C’est donc pleins de traces d’argile, de la peinture jusque dans le front et notre sac à dos bien lourd de poterie que nous avons repris l’autobus jusqu’en ville!


Et maintenant, je me dois de vous parler de notre souper.
Quoi? Je parle encore de bouffe? Oui, mais c’est la dernière fois.
Je vous en parlerai pas si je n’avais pas vécu un moment mémorable à goûter quelque chose de si bon que je me suis surprise à faire des «noum noum noum» en mangeant.
Je parle avec mon coeur. Et je pense que ce voyage en Asie aurait été aussi incroyable pour mes yeux que pour mes papilles gustatives alors je me devais de vous parler de ce qui retrouvait dans mon assiette.
Myyyyyyy Bouddha que c’était bon l’Asie.
Tout ça pour dire que nous avions repérée une rue où la spécialité très très locale était le BBQ.
En fait, c’est plus comme une raclette, mais en moins santé.
Moins santé? Comment un mixte de poulet cuit dans le gras de bacon et du pain gratiné peuvent avoir de la compétition? Comment est-ce possible?
Très facile.
Pour commencer, il faut recouvrir la plaque chauffante de papier d’aluminium et l’asperger d’huile. Pas une cuillère à soupe là, nenon. Échappe la bouteille sur la plaque et là tu parles!
Il y a aussi la possibilité de mettre des cuillères de margarine.
Ensuite, il faut mettre quelques morceaux de viandes et d’oignons.
Dans notre cas, ce fût le porc. Pas vraiment dégraissé évidement.

Et quand le mélange margarine, huile et gras de viande est prêt, c’est le moment de mettre les légumes. Le choix des légumes d’accompagnement a été fait selon leur capacité d’absorption.  Donc, un beau morceau d’aubergine y cuit et aspire le petit mix de pas-santé-pentoute. Et du pain. Ouais, il faut mettre du pain aussi. Ta toast n’aura jamais été succulente.
Le mix avec une bière ou boisson gazeuse est important pour permettre au tout de descendre, parce qu’on va se le dire, ça reste pris dans l’oesophage cette boulette de gras là et plus tard c’est dans les artères que ça se complique.
En sortant de table, notre niveau de bonheur relatif était facilement à 9/10 mais mon médecin m’aurait chicané en direct si elle avait vu notre taux de cholestérol.

Je dois avouer que j’avais un solide mal de coeur mais il fallait compenser pour tous les repas santé rempli de vermicelle de riz et de fines herbes que nous avions mangé.

Est-ce que nous avons été mis coma par notre foie, et boy que oui!

Ma face était grasse, mon linge sentait l’employé du McDo et l’odeur est restée pogner dans mes cheveux malgré un vigoureux shampooing.

Mais ça valait la peine de l’essayer même si nous avons tenté d’attraper les points noirs qui traversaient notre champ de vision sur le chemin du retour.

Hanoï: Jour 6 – Le dernier

J’ai pas dormi de la nuit.
Comment pouvait-on déjà être rendue à la dernière journée?
C’est long cinq semaines et pourtant….
Déjà fini!
Juste comme on commençait être devenir des expatriés, il fallait rentrer.

Nous étions des champions de la traversée des routes achalandées, nous étions presque rendus confortables assis sur les petits tabourets, nous étions capable de défaire du poulet avec nos baguettes et la chaleur ne nous accaparait plus.

Pour vrai, nous étions tellement assimilés que nos yeux ont presque bridés.

Et là, il faut rentrer au Québec qui n’est plus dans sa vague de chaleur. Est-ce que j’ai pleuré un tantinet? A peine toute la journée.

Mais il fallait faire les bagages. Et comme nous avions fait tout notre magasinage dans les derniers jours, le tetris ne faisait que commencer.

Ça nous a pris presque 2h faire nos bagages. Il faut dire que nous avons essayé plusieurs techniques d’entreposage et que je n’étais pas la plus proactive au monde. Si nous sommes revenus, c’est grâce à Maxime, car sans lui, je serais encore dans ma chambre à chigner parce que ça rentre pas.

Il faut dire qu’acheter la plus grosse boîte de Choco-Pie que j’ai vue en Asie n’était peut-être pas le souvenir le plus facile à fitter dans des valises parce qu’il ne faut pas écraser, sinon l’expérience n’est plus la même du tout.

Mais nous avons réussi!
Réussi à emballer deux géantes lanternes, deux robes, un habit, deux chemises, un ensemble de thé, deux gros bols à soupe, nos deux «oeuvres d’art», dix foulards, un toutou, trois paquets d’encens, un brûleur d’encent, le fameux sel et le fameux poivre, cinq nouveaux chandails, trop de sachets de thé et finalement, la géante boîte de Choco-Pie. Et là, on ne parle même pas de notre vieux stock. Nope nope.
Pour le retour, on voyage lourd et fragile.

Notre départ pour l’aéroport n’étant prévu que pour 20h, il fallait tout de même s’occuper un peu avant de partir.
Tsé, fallait me tenir occupée pour m’empêcher de pleurer. Han han. J’étais vraiment à ce point chiante.

Nous avons choisi de nous faire dorloter: un massage par des madames qui avaient suivi leur cours. Pas de massacre, pas tirage de peau, une heure et demie de puuuuuuure détente. J’ai bavé dans le beigne qui retient notre face.

Nous sommes ensuite allés dîner dans notre resto coup de coeur de Hanoï, puis nous avons marché le long du lac une dernière fois.
Nous nous sommes amusés à traverser les artères trop achalandées juste pour le plaisir et nous avons regrimpé au café caché pour aller voir le coucher de soleil une dernière fois.
Est-ce que j’avais le coeur gros?

Vous n’avez même pas idée.
Une vraie madeleine.

Et alors que Max sirotait sa dernière Hanoï Beer et moi un café avec un coco dedans (pour vrai, c’est excellent!), une petite famille québécoise rencontrait leur guide de voyage à la table voisine.

Ils venaient juste d’arriver au pays et ils étaient Jet-lag en maudit.
Leur guide leur expliquait ce qu’ils allaient faire le lendemain.
Ils partaient en croisière sur le Baie d’Along.
Les chanceux.

Et après, ils allaient à Hoi An.
Plus leur guide leur expliquait l’itinéraire, plus je pleurais.
En silence. Dos à eux. Tsé, j’ai un orgueil quand même.

Je revivais chaque destination au fur et à mesure. Les souvenirs qui remontaient en vagues.


Les grosses pluies, les rizières à couper le souffle et les H’mong de Sapa.
La croisière à travers les pics rocheux, le tour de kayak et les singes  de la Baie d’Halong.
La journée magique en scooter à travers les champs verts émeraudes de Tam Coc.

Entendre son coeur battre dans les cavernes, et jouer du xylophone sur les roches de Phong Nha.
La citadelle, les tombeaux et la course contre la montre à Hue.

Les lanternes, les vélos et la nourriture complètement folle de Hoi An.
Le chaos, les tunnels, les musées et la musique trop forte de Saigon.
Le tour en barques et les sourires de Can Tho.

Le mautadine de sel et de poivre de Kep.

Le sable trop blanc et les soirées qui n’en finissent plus de Ko Rong.
Avoir les sourires du Bayon juste pour nous au levé du soleil et se faire cuire dans les temples à Siem Reap.
Faire la rencontre de l’Asie et se faire arracher le coeur par l’histoire du Cambodge à Phnom Penh.

C’était déjà fini.
Un an et demi à préparer ce voyage-là avec des étoiles dans les yeux.

Un an et demi à lire sur l’histoire de deux pays, à m’informer sur les différents villes, à comparer les différents hôtels, à vérifier les moyens de se rendre d’un endroit à l’autre, à découvrir les mets locaux à travers les récits des autres et surtout à avoir le coeur qui bat plus vite à chaque fois que je dis que je pars 5 semaines en Asie.

Et là, c’est terminé.

Sur ce balcon avec une vue incroyable sur le lac.

Pleurer est un euphémisme.

J’étais presque déshydratée à force de pleurer comme ça.

Vous remercierez Maxime de nous avoir ramené. Je crois que je serais encore là-bas à me bourrer la face de Banh Mi et à me remplir le coeur de paysages.

Ahhhhhh Vietnam. Ahhhhhh Cambodge.
Je vous ai aimé de tout mon coeur.

Chaque jour, vous m’avez perturbé, vous m’avez brassé, vous m’avez fait réfléchir sur mes valeurs et mes buts dans la vie.

Vous m’avez fait devenir une meilleure personne.

Et alors que je pleurais à m’en ratatiner la face, Max m’a fait une promesse.
Je lui ai fait répéter plus d’une fois pour être bien sûre qu’il ne prenait pas ça à la légère.
Pour être sûre que c’était pas juste des paroles en l’air pour me faire arrêter de pleurer.

Peut-être pas cette année, peut-être pas l’année prochaine non plus. Mais on se jure.

On va vous redire: SeeYouLater

1 Comment

  1. Martine
    2016-11-30 at 6 h 58 min · Répondre

    Touchant! Même un an plus tard! …J’essuie ma ptite larme à l’œil! …en tôt cas, j’ai bien hâte de vous prêter ma cuisine pour que vous me montrez ce que vous avez apprit! Martine xxx

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